Des gens font leurs courses sur un marché de quartier à Paris
par Leigh Thomas
L'Insee a annoncé jeudi une forte révision à la baisse de sa prévision de croissance pour la France cette année, la ramenant à +0,4% contre une estimation de +0,7% retenue à ce stade par le gouvernement, qui va toutefois actualiser ses projections à la baisse vendredi.
La précédente prévision, datant de juin, de l'Insee, qui note que le déclin du pouvoir d'achat des Français pèse sur la consommation et que les entreprises réfrènent leurs investissements, était de 0,7%.
En 2025, le produit intérieur brut (PIB) de la France, deuxième économie de la zone euro, avait progressé de 0,9%.
L'assombrissement des perspectives de l'économie française met presque hors de portée l'objectif de déficit budgétaire 2026 de 4,9% - contre 5,0% en 2025 - que s'est fixé le gouvernement.
Ce dernier, qui prépare le projet de loi de finances pour 2027 en vue d'une présentation au conseil des ministres d'ici la fin du mois, va vraisemblablement également être contraint d'annoncer une révision à la baisse de son objectif de déficit budgétaire vendredi.
Sur une base trimestrielle, l'Insee prévoit une légère hausse du PIB sur le second semestre, +0,1% au troisième trimestre et +0,2% au quatrième, après une contraction de l'activité au premier trimestre et une croissance nulle au deuxième.
La faible activité au troisième trimestre est notamment la conséquence des canicules à répétition qui ont marqué l'été et d'une sécheresse record, phénomènes qui ont pesé sur la production agricole.
PRUDENCE DES CONSOMMATEURS ET DES ENTREPRISES
D'après l'Insee, l'inflation en normes harmonisées IPCH devrait passer d'un taux de 2,7% en rythme annuel en août à +3,1% en décembre, le niveau moyen étant vu à +2,3% pour l'ensemble de l'année.
La Banque centrale européenne (BCE) a, comme prévu, relevé jeudi ses taux directeurs pour la deuxième fois cette année, la poursuite du conflit au Moyen-Orient menaçant de maintenir l'inflation au-dessus de l'objectif pendant une période plus longue.
Au vu de cette hausse de prix et d'une absence de croissance des salaires, la consommation des ménages ne devrait augmenter que de 0,3% cette année. Cette progression serait uniquement le fait de ménages puisant dans leur épargne, étant donné que le pouvoir d'achat est vu en repli de 0,4% cette année.
Cette faiblesse de la consommation et la hausse des taux d'intérêt vont peser sur le sentiment des entreprises, avec des investissements de ces dernières vus en recul de 0,3%, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, dont aucune issue à court terme ne semble en vue, ajoutant un facteur d'incertitudes.
Dans ce contexte, le secteur privé devrait perdre 52.000 emplois sur l'ensemble de 2026, ce qui fera passer le taux de chômage français à 8,6% d'ici la fin de l'année contre 8,0% fin 2025.
(Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Sophie Louet)

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